[ END ] Avoir un prof comme guide. | PV Audric Mac Allister |
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Méora Hérouta

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Ven 16 Juin - 1:55

La journée est longue, éreintante, fatigante. Tu le sens, cette sensation de vide qui petit à petit rogne ton cœur. La présence de ton frère, ce fait manquant. Tu avances doucement, de ta démarche féline, ne sachant pas vraiment où aller, mais de l’extérieur, tu donnes cet air décidé. Quel heure est-il au juste ? Tu n'en sais rien, peut être quinze heures. Déambulant dans les couloirs, cherchant ne serait-ce que l’ombre de ton frère. Ou au moins sentir son odeur. Tu paniques, au fond, tu te sens seule. Tu décides alors de te mettre dans un coin pour reprendre ton souffle. Il va falloir faire avec, ce n’est que quelques années. Mieux vaut souffrir un peu, mais pouvoir le voir que rien du tout. Une fois ton cœur un peu plus calme, tu reprends ta route, toujours avec ce charme si particulier qui est le tien.

Tu relis ta feuille, dessus y a le nom de ta classe, enfin, pour le moment, c’est assez simple à retenir leur nom, tu es la seule. Tu pousses un soupir. Ton karma doit être dans sa période boudeuse, surement à cause de tous ses vols commis. « Je n’ai que ce que je mérite après tout… » Tu murmures cette phrase au plus profond de toi, comme si elle te servait à t’accrocher un peu à la réalité. Enfin, tu n’es pas la pire, tu as pu entendre de murmure que la classe C est la plus libre de toute, avec un peu de chance, tu vas pouvoir squatter auprès de ton frère sans problème. Après tout ce n’est que les premiers jours, souvent les plus durs. Secouant alors ta petite frimousse remettant en place ta frange, tu réalises que tu ne sais pas trop où tu te situes. C’est bien ta veine.  

Tu retournes un peu sur ta feuille, non seulement y a ton pauvre nom perdu dans tout ce blanc de solitude, mais on y trouve le nom de certains de tes professeurs. De mémoire, tu avais rendez-vous avec l’un d’eux. Tu espères que ce n’est pas le genre d’homme, ou femme d’ailleurs, hyper bavard, tu n’as pas trop le courage d’ouvrir la bouche. Tu n’as pas l’envie de gaspiller ton énergie à parler de futilité avec un inconnu. Baissant la feuille dans un bruissement de lassitude, la laissant virevolter aux grès de la légère brise qui soulève au passage gentiment ta nouvelle tenue. Bien que le lieu soit lugubre et d’une tension qui ne semble jamais redescendre. Tu trouves qu’il a un certain charme. Avançant alors vers une colonne de pierre qui jusque-là n’intéresse personne. Personne, sauf toi. Tu avances jusqu’à lui faire face, admirant sa hauteur, cherchant à vouloir en faire le tour, la touchant du bout de tes doigts. Fermant doucement les yeux pour sentir la matière glisser sous tes doigts. La pierre semble être rugueuse d’un premier regard, mais en la touchant, on remarque avec surprise qu’elle est lisse et très agréable à toucher.

Te connaissant, tout s’emballe dans ta tête, tu aimerais savoir pourquoi cette pierre, les étapes de la découpe, et comment ils l’ont utilisé pour bâtir le bâtiment. Avec un peu de chance, tu trouveras ton bonheur à la bibliothèque. Rouvrant les yeux, tu t’aperçois qu’il est presque l’heure de ton rendez-vous avec le professeur et tu n’as aucune idée du lieu où tu te trouves. Tu continues de déambuler dans les couloirs, cherchant un point de repère. Finalement, tu entends un petit bruit venant non loin de là. Approchant d’un pas léger, tu pousses timidement une porte. Avec de voir une personne de dos.

Cheveux noirs, une tenue sobre, c’est sans doute avec lui que tu as rendez-vous. Tu toques doucement à la porte en bois, admirant le travail de sculpture, oubliant presque que le bruit que tu avais commis avait attiré l’attention de l’homme. Tournant finalement le regard vide vers lui, avant de sursauter un peu. Il faut vraiment que tu apprennes à ne pas aller dans tes rêveries à n’importer quel moment, les gens pourraient ce vexée. En regardant de plus près la salle semblait immense, sans doute un amphithéâtre, ou du moins, ça y ressemble fortement. Enfin, tu n’en as jamais réellement vu, mais dans les livres, il y avait parfois ce genre d’illustration. Une salle immense, avec plein de chaises et de banc monté en escalier. Mais pas le temps d’admirer tout ça. Tu lui parles en langage des signes, un réflexe. Mais tout le monde ne parle pas cette langue. Et à son regard, on pourrait croire que soit il n’est pas à l’aise avec ça ou bien qu’il ne comprenne rien du tout à tes gesticulations. Finalement, tu t’avances un peu, toujours de ta démarche légère, marchant sur la pointe de tes pieds, ne voulant perturber le silence reposant du lieu. Une fois arrivé à sa hauteur, tu lui montres la feuille avec ton nom. Tu te penches un peu en avant, comme pour le saluer. Un signe de tête pour montrer que tu le respectes, même s’il avait été plus simple que tu le lui dises de vives voix

‘Jour…. Professeur… Méora. Classe C section art.

Ta voix est toujours aussi douce est mielleuse. On pouvait y comprendre le respect que tu portes à l’homme qu’il est sans pour autant dire que tu es soumise au moindre de ses ordres, un léger accent vient dépayser l’espace d’un instant le climat british dans lequel la prison ce situe. L’accent s’entend malgré le peu de mots que tu prononces, mais il ne dérange en rien l’écoute ou la prononciation de tes mots. Tu le fixes droit dans les yeux, sans gêne, sans y voir non plus une sorte de confrontation. Avec ce regard calme, voire peut-être froid selon l’interprétation de la personne en face de toi. Croisant alors tes mains en avant, patientant sagement. Au fond, tu ne sais même pas si il est au courant de ton arrivé ici, ni même qu’il est l’un de tes professeurs et encore moins si il est au courant que c’est lui qui a le droit de te traîner partout dans tout l’établissement.


H.RP : Si la couleur fait trop mal aux yeux, n'hésite pas à me le dire !  (C'est la couleurs #336699 ~)
entre « … » ce sont les pensées de mon personnage !
Je m'excuse d'avance des fautes...



Ma voix est rare mais mélodieuse, vous pouvez l'entendre en #336699

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Jeu 22 Juin - 18:20
Méora Hérouta : Audric venait de terminer la lecture de son dossier. Une nouvelle élève, et le professeur ne voulait en aucun cas manquer à son devoir en allant à sa rencontre la bouche en cœur. Quoi que, la bouche en cœur oui, mais une bouche en cœur qui sait quoi dire c'est bien mieux. Rapidement, mais sans courir, le musicien se rendait à l’amphithéâtre indiqué d'un pas prompt mais sans se précipiter. Mallette dans une main, étui de flûte dans l'autre, il passa de couloir en couloir pour finir par tomber sur un bien étrange spectacle. Une jeune fille, non loin de la destination finale du professeur, qui admirait et touchait un pilier de pierre les yeux fermés. Bien, bien étrange. Mais Audric se laissa porter un instant par la douce mélodique de ses pas, par l'harmonie de ses mouvements. A n'en pas douter, cette jeune fille maîtrisait la symphonie de son propre corps avec brio. Il lui fallut quelques minutes pour reconnaître là la jeune fille avec qui il avait rendez vous. C'était donc elle. Cette nouvelle dessina bien vite un grand sourire sur son visage. Elle était prometteuse.
Jetant un coup d’œil sur sa montre, Audric remarqua avec joie que lui comme elle étaient en avance. Rien ne pressait donc ! Autant la laisser encore un peu profiter. Aussi le professeur se rendit dans la salle et sortit sa flûte traversière. Après tout, lui aussi allait profiter.

Il ne comptait réviser cela qu'après leur petite entrevue. Mais puisqu'il lui restait du temps devant lui, autant en profiter ! Le musicien souhaitait élargir son cours sur Bach avec l'étude d'un morceau que le compositeur avait écrit pour flûte. Une douce et mélodieuse sonata. Parfait. Elle était plutôt simple, et Audric ne comptait pas s'y attarder bien longtemps. Mais ce genre d'étude était une sorte de "récréation pour les oreilles" que le professeur aimait offrir à ses élèves de temps en temps.
Ainsi, il assembla délicatement sa flûte traversière, posa la partition juste devant lui, et commença à jouer. C'est ainsi qu'une douce nappe musical tinta et raisonna dans toute la pièce, débordant un peu dans les couloirs environnants. Les sons de flûte se mêlèrent s'entremêlèrent et s’enchaînèrent avec la même fluidité que les cascades d'un torrent en été. Audric aimait la musique mélodieuse, harmonieuse et virtuose. Un peu comme...

Quelqu'un toquait à la porte. Revenant rapidement à lui, Audric reprit sa convenance et se tourna vers l'entrée. Tout en terminant sa mesure en laissant échapper quelques ultimes notes, le professeur fit un léger signe de tête en guise de salutation. La voilà donc. Méora Hérouta. Cette douce jeune fille. Le professeur ne comprenait pas pourquoi elle avait été envoyée ici... Et au vu de son dossier, Audric regrettait juste pour elle qu'elle soit mal née. Simplement... Pour autant, le professeur ne pouvait pas vraiment dire que lui était bien né... Tout était juste plus compliqué qu'un "bien" ou qu'un "mal".
Toujours autant concentré sur l'enfant, Audric s'amusa silencieusement de la voir gesticuler les mains et les bras devant elle. Langage des signes fort probablement. Et si le professeur n'en comprenait pas un traître mot, il semblait comprendre la démarche, au moins. Après tout, lui même l'avait eut, son propre langage des signes, pendant quelques années. Ou langages des sons en un sens. Aussi hésita-t-il même à répondre par quelques sons de flûtes... Mais l'enfant semblait changer d'approche. Elle s'approcha, le salua -ce qu'il fit donc de nouveau pour lui répondre- et lui montra une feuille. Oui oui c'était bien elle. Audric la sentait un peu tendue, et même presque perdue. Mais il observait, laissait faire. Il ne pouvait précipiter les choses et la perdre d'avantage. Non... il ne mangeait pas de se pain là. S'il accompagnait ses élèves du mieux possible, il refusait de les rendre dépendants à lui. Il refusait de se donner autant de pouvoirs.
Ainsi, il laissa la jeune fille prononcer ses quelques mots. Sa voix était tout bonnement parfaite. Une demi seconde surpris, le professeur garda tout de même sa contenance pour finalement lui répondre.

"Professeur Mac Allister. Enchanté Méora Hérouta"

Sur ses mots, il lui adressa un léger sourire purement amical et ouvert, juste pour la détendre un peu.

"Si je ne m'abuse je crois que nous avions justement rendez-vous. Mais tout d'abord, je te souhaite la bienvenue dans cet établissement. Je serais moi même ton professeur de musique tout au long de ta scolarité ici, mais j'espère que tu te plaira ici avec chaque membre du personnel et l'ensemble de tes camarades.

Sur ses mots, il se tourna à demi -jamais totalement- pour ranger sa flûte rapidement. Le professeur semblait détenu et ouvert. Mais un fond il restait prudent, comme toujours. Sa voix était douce, calme et posée, juste un poil plus dans les graves que la jeune fille. Une ou deux octaves tout au plus. Finalement il posa de nouveau un regard sur elle -bien qu'il l'ait toujours gardé à l’œil.
"Mais trêve de bavardages. Etant nouvelle ici, je suppose que tu as bien des questions, ou du moins des requêtes. Peut être souhaiterait-tu visiter l'établissement ? Ou savoir autre chose ? Cela serait un plaisir pour moi de t'accompagner dans tes premiers pas ici."

Un nouveau sourire, très légèrement plus grand cette fois. Le professeur était sincère. Pauvre enfant. Mais une voix au fond de lui lui disait encore et toujours de se méfier. Si dans sa tête il pestait tant et si plus contre elle, son visage en restait inchangé. A croire que cette petite voix ne le quitterait jamais plus...


hrp:
 

Méora Hérouta

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Ven 23 Juin - 22:10

Tu le laisses parler. Après tout, il avait l’air beaucoup plus à l’aise que toi. Il faut dire qu’il doit en voir des gens dans cet établissement. Reprenant doucement ta feuille, tu poses ton regard sur l’instrument. Il te semblait l’avoir entendu avant.

Bach. Bon choix. Cependant il y avait une erreur de rythme.

Tu le fixes à nouveau. Tu ne sais pas en jouer, mais il t’arriver souvent d’aller à l’opéra en douce. Tu n’es pas un génie, tu ne savais pas tout de ce monde. Mais tu l’as déjà entendu tellement de fois, tu en connais l'air bien que tu ne sache en lire une note sur une partition. Tu aimes la musique, c’est comme la peinture ou la sculpture. C’est aussi libérateur qu’ envoûtant. La musique t’effraie et te fascine en même temps. La musique a ce pouvoir d’envoûter les gens, de les emmener loin de chez eux. Comme capturer leur âme. Pourtant, elle semble avoir un effet calmant. Comme si avec la musique tout était possible, pouvoir enfin être soi sans avoir à ce caché. Tu avances de quelque pas, avant de toucher son coffret qu’il avait soigneusement fermé. Tu t’en fiches de son avis, l’objet t’intéresse, tu souhaites le toucher.

Enfin chacun a son interprétation.

Tu dis ça comme si tu lui pardonné d’avoir son point de vue sur les œuvres des autres. Bien que tu l’eusses écouté un peu plus tôt, tu ne partager pas son enthousiasme. Tu n’es pas là par choix, tu regrettes plutôt d’être entre ses murs. Pourtant, ce lieu bien qu’étouffant te fascine lui aussi. Ses pierres, sa façon d’être construit là, à qui appartenait-il avant, quelle est l’histoire qu’il cache ? Caressant toujours la mallette de l’homme qui doit sans doute te prendre pour une folle profonde, tu lui fais face.

• Puis-je ? Mr Allister ? Professeur peut être ?

Ton regard était toujours vide, dénuée d’émotion, bien qu’au fond s'il sait le regarder, tu brûlais d’impatience d’en toucher l’instrument à vent. Pouvoir étudier un tel instrument serait un calmant de cette fièvre dont ton corps semble s’être épris. Puis finalement, tu l’ouvres, sans plus attendre avant de t’arrêter un instant. Pris d’un doute dont tu ne saurais dire pourquoi tu regardes ton professeur. Il était bien trop sympa pour être honnête. On t’avait appris à être méfiante. Sans doute, son sourire, peut-être trop mielleux. Tu lui jettes un regard curieux. Finalement, tu ouvres, enfin, l’objet qui renferme ta convoitise.

Ça semble si petit… Si fragile…

Tu la touches du bout de tes doigts. Un petit sourire se dessinant sur le bord de tes lèvres. La sensation est froide dans un premier temps, sauf là où il l’avait en main. Tu connais vaguement l’objet, tu l’as regardé dans des livres. Mais là le contact est tout autre.

C’est assez fascinant. Depuis combien de temps est-elle vôtre ?

Une question intime, les musiciens ont souvent une grande attache à leur instrument, parfois au détriment de leur proche. Caressant alors l’objet de son long, t’arrêtant au bout de celui-ci, tu décides que tu avais assez franchi le droit de le toucher. Tu prends ton carnet, choisisant avec soin une page vierge, esquissant rapidement un croquis. Avant de le ranger sagement dans ta poche. Laissant le pauvre homme de côté. L’écoutant tout de même avec attention, après tout, tu es assez polyvalente. Tu finis finalement par lui faire face, t’inclinant légèrement.

Navré de ma curiosité. Cela fait un petit moment que je rêvais de pouvoir enfin toucher un tel instrument. J’en ai souvent entendu à l’opéra près de chez-moi. Un instrument assez fascinant. Sans nul doute, mon préféré.

Tu le fixes, avec toujours ce regard froid, mais ton sourire demeure ancré sur ton visage. Si cela ne le trouble pas, c’est qu’il est un homme qui sait rester courtois dans tous les cas.

Mais ce qui m’intrigue le plus ici, c’est ce qu’un homme tel que vous fait dans ce trou paumé… Votre place serait dans les orchestres non ? Ou du moins sur la scène, non à faire la classe à des gens qui ont préféré l’ombre à la lumière.

Tu t’adosses sagement à la table derrière toi. Ta curiosité va parfois trop loin, un jour, tu t’en mordras les doigts. La visite du château ? C’est d’un ennui. Que pouvait-il t’apprendre de plus en ces lieux ? Ton regard lui était différent, il n’était pas hautain mais plutôt curieux, tu voulais comme sonder son âme, apprendre plus sur lui. Tu ne le lâcheras pas de sitôt, le pauvre.



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Lun 3 Juil - 22:26
« Bach. Bon choix. Cependant il y avait une erreur de rythme. »

Qu… quoi ?
Surpris, le professeur chercha tout de même à garder un minimum de contenance. Aussi sa déconvenue ne fut marquée que par la levée d’un sourcil. Audric n’avait envie que d’une chose : se jeter sur la partition. Mais… caaalme. Le musicien se contenta de la saisir délicatement pour y jeter un coup d’œil. Il l’examina pendant quelques secondes, et. Ah voilà. Un cheveux avait lié deux notes noires, donnant l’illusion que c‘était des croches. Et a coté, une poussière avait fait d’une autre note noire une blanche. Il se disait aussi. Cette mesure était bien bâtarde rythmiquement parlant si on la comparait aux autres. D’abord désappointé, le professeur s’apprêtait donc à féliciter cette nouvelle élève. Mais si tôt Audric leva-t-il la tête pour ce faire, que la jeune fille reprit.

« Enfin chacun a son interprétation. »

Interprétation ? Un léger frisson traversa le musicien. Interpréter, changer, composer. Il aurait tant aimé pouvoir le faire à une époque. Mais aujourd’hui il s’en sentait incapable. Il n’était qu’un métronome, une machine. Et si cet injonction envers lui ébranla un peu l’organique de son corps comme de son cœur, il ne pouvait céder… Il l’avait décidé, d’être une machine. Pour ses enfants. Aussi, si ses mains avaient commencées à trembler, ce dernier serra ses doigts pour stopper cela. Pour autant, le professeur ne sut piper mot, ou même répondre à ce que cette jeune fille disait. Elle le fixait tellement intensément que le pauvre Audric s’en sentait transpercé de part en part. Elle le tuait, ou le violait du regard.

« Ça semble si petit… Si fragile… »

Elle… avait ouvert l’étui ? Audric ne s’en rendit compte que bien tard. Ses grandes paluches traînaient déjà sur le métal froid de la flûte. D’abord gêné, puis profondément souillé, le musicien se voyait déjà lui mettre une baffe qui l’enverrait à l’autre bout de la pièce. Mais… non ! EllePAS ELLE ! Calme… rester calme. Ça faisait si mal… Audric s’en souvient encore, et ne voulait plus jamais s’en rappeler. Aussi laissa-t-il faire… Après tout un viol n’est plus un viol s’il est consentit ? Et pour ceux consentis à contre coeur… STOP !

« C’est assez fascinant. Depuis combien de temps est-elle vôtre ?
-Environ… environ une… dizaine d’année je crois ? Oui… oui dix ans. »


Un ton hésitant, phrases courtes. Cet homme ne ressemblait plus au professeur Mac Allister que bien des élèves connaissaient. Au fond de lui il tremblait. Il voulait fuir… sa propre envie de violence ? Non… s’il courait il l’emporterait bien avec lui : il le savait. Fuir n’était pas la solution. Et pourtant, il n’en avait pas d’autres.
L’enfant se calmait à coups de crayon : parfait. Finalement, Audric recula un peu, juste le temps de souffler. Tout allait bien se passer. Tout allait bien se passer.

« Tout va bien… tout va bien… »

Le professeur finit même par le chuchoter.

« Navré de ma curiosité. Cela fait un petit moment que je rêvais de pouvoir enfin toucher un tel instrument. J’en ai souvent entendu à l’opéra près de chez-moi. Un instrument assez fascinant. Sans nul doute, mon préféré. Mais ce qui m’intrigue le plus ici, c’est ce qu’un homme tel que vous fait dans ce trou paumé… Votre place serait dans les orchestres non ? Ou du moins sur la scène, non à faire la classe à des gens qui ont préféré l’ombre à la lumière.
-Assez mademoiselle Hérouta. »


Un ton qui se voulait affirmé, mais qui ne parvenait pas à l’être. Et si elle prenait ça pour un cri ? Audric n’arrivait pas à gronder : c’était au-delà de ses forces. Elle le faisait si souvent. A chaque pleur, chaque cri. Mais il ne pouvait pas non plus laisser passer ça… SI il le devait ! Pourquoi avait il parlé alors ? Merde…
Une inspiration, une expiration -pour le coup Audric n’était plus à ça prêt et ne s’était même pas caché. Puis, finalement, il s’approcha de nouveau de la jeune fille, et se baissa à son niveau.

« Mademoiselle Hérouta. Vous êtes une jeune fille pleine d’énergie et emplie de plus de talent encore. Mais vous passez là les limites qui m’est imposé de tenir en temps que professeur. Et croyez moi, j’en suis navré. »

Un légère larme qui coule d’un œil… Tant pis : il ne restait plus qu’à espérer qu’elle en l’ait pas vu.

« Mais allons… pourquoi ? Pourquoi forcer avec tant d’ardeur et de curiosité des portes même pas sellées ? Sachez laisser le temps au temps, et ne rien précipiter. Nul interrogatoire de la sorte ne vous mènera à quelque chose de bon, et nul audace téméraire ne saurait vous récompenser. Sachez ne pas gâcher tous vos dons pas un vilain petit défaut qui s’étale et que vous laissez faire. »

Sur ces mots, le professeur se redressa et fit volte face. Là seulement un mouvement de main qui essuyait ses joues pouvait dire que la larme solitaire n’était plus seule, loin de là. Finalement, il s’éloigna de quelques pas.

« Quant à vos histoires de luminosité, je doute que vos camarades, ou même vous, n’ayez vraiment préféré l’ombre. Il est des choix que la vie fait pour nous, et celui là semble en faire partie pour vous. De mon coté, cela fait bien longtemps qu’elle n’en fait plus pour moi : j'ai choisi cela car elle en a déjà bien assez fait. »

Audric fit volte face de nouveau, posant sur la jeune étudiante un regard entre le marbre et la glace, plus tranchant que jamais il n’en eut. Elle ! C’était ELLE !

« Alors maintenant mademoiselle Hérouta, calmez votre curiosité maladive ou du moins redirigez là sur cet institut. Sachez demeurer élève et je demeurerais professeur. »

Méora Hérouta

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Jeu 6 Juil - 2:55

Apparemment, tu la déstabilisé. Tu l’as complétement cassé, au fond de toi, tu en rigolerais presque, le voir ainsi paniquer, pour je ne sais quelle raison. La peur de l’intrusion ? Est-il timide à ce point-là ? Il parait qu’il est apprécié des élèves ici. Mais pour toi, il te semble trop souriant, trop sûr de lui, c’est qu’un masque, une façade, et ce qu’il t'a montré n’est qu’un point de plus dans tes doutes qui se lève doucement. Ton sourire tombe peu à peu. Tu le fixes toujours, tu n’as pas bougé. Ni lorsqu’il a crié, ni lorsqu’il sort ses arguments. Tu ouvres doucement la bouche, mais il n’en a pas fini, tu le laisses parler. Au fond de toi, tu es déçue. Au premier regard, tu le trouvais mystérieux, le voilà qu’il s’effondre comme un château de cartes. Finalement, tu lèves la main doucement en l’air comme pour le calmer dans ses propos. À le voir ainsi, on dirait un enfant complétement paumé. Ce n’est pas à t’en déplaire, au contraire, mais tu aurais voulu qu’il dure un peu plus, qu’il tient au moins une semaine sous tes regards fixe et insistants, mais voilà qu’au premier souffle, il s’effrite comme un château de sable.

Mr Allister, calmez-vous, je vous prie. Je ne suis pas là pour poser un quelconque jugement sur votre personne. Je suis juste étonné qu’une personne jouant avec finesse se retrouve dans un endroit tel que celui-ci. En aucun cas, je voulais violer votre intimité.


Tu baisses ta main. Lentement, rejoignant sa jumelle afin de les entremêle. Puis tu penches un peu la tête en fermant les yeux et tu pousses un long soupir. Tu l’avais remarqué, cette petite larme qui avait coulé le long de ses joues. C’en était presque touchant. Faible, trop faible, pourtant, il continue à t’intéresser. Tu te retiens, aussi fort que tu puisses. Tu retiens ta folle envie de le toucher, pour le découvrir à travers ton toucher, celui qui t’aide à mieux comprendre la chose depuis ton enfance. Comme si tu étais aveugle, il t’offre un nouveau regard sur les choses. Tu sais bien que ce n’est pas trois mots dits un peu à la va-vite qui vont le calmer, ce n’est pas ainsi que tu gagneras sa confiance. Non, c’est trop simple, trop naïf. Tu déboutonnes alors ta chemise doucement, avant de lui tourner le dos. Retirant alors la seule chose pour laquelle tu as beaucoup, peut-être trop, d’attache. Tu retires ce haut, plutôt brassière qui t’accompagne partout, comme un gris-gris te protégeant du mauvais sort, tu grimaces à cette idée, mais tu n’as pas tellement le choix. Finalement, tu te retournes, ayant boutonné ta chemise un peu à la va-vite. Le tissu entre tes mains.

Voilà l’objet pour lequel je suis prêt à me damner. J’ai violé votre jardin en touchant votre instrument, je m’en excuse, je suis bien curieuse et j’ai tendance à toucher les choses qui m’intéressent afin de mieux le mémorisé. Je vous laisse ça là, toucher le si vous le souhaitez, je ne m'opposerais pas, ni trouverais ça étrange ? Ainsi, nous serions quittes ?

Tu poses doucement le morceau de tissu raccommodé de plein de tissu différent. Le caressant à l’aide de ton pouce, tu te sentais nerveuse, tu avais envie de le gifler s'il osait réellement le toucher, mais tu ne laisses rien paraitre, juste ce regard froid, et ce visage neutre. Tu t’éloignes alors, pas trop loin, jusque quelque pas, pour le laisser agir. Croisant les mains dans ton dos.

Il est fait de plusieurs tissus, chacun ayant sa propre histoire. Je l’ai réalisé moi-même. Il a peu prêt le même âge que votre flûte. Je l’ai depuis dix ans. Bien sûr, je le change souvent afin qu’il soit à ma taille.

Tu laisses un petit rictus soulever tes lèvres comme pour faire un sourire un peu maladroit. Baissant les yeux, finalement, le fixer ne servirait à rien. Sauf a le déstabilisé. Il reste des questions que tu aimerais résoudre, d’où vient ce traumatisme, pourquoi, comment ? Quel son ses limites, comment faire pour le contrôler, pas dans un but de la manipuler, mais pour mieux le cerner. Tu aimerais casser ce silence qui devient pesant, mais quoi faire ? Quoi dire ? Aucune idée, tu ne voudrais pas le braquer. Tu serais encore capable de le mettre à six pieds sous terre en un claquement de doigts. Finalement, c’est dans tes poches que tu trouves la réponse. Sortant alors ton calepin, feuilletant lentement les pages, pour voir les dessins que tu as faits depuis ton arrivé ici. Rien de bien grand, mais de quoi faire de jolies toiles. Tu as qu’une hâte, pouvoir y mettre la couleur, plonger tes doigts dans la peinture fraiche et pouvoir étaler les couleurs sur une toile vierge.

Ma curiosité n’est pas maladive. Elle m’a permis de survivre dans ce monde rempli d’ingrat qui serait prêt à laisser crever de faim des enfants dans la rue. J’ai choisi moi-même de faire partie de l’ombre professeur, pour lui. Pour ne pas me retrouver seule. La lumière m’angoisse, j’ai la sensation de plus me contrôler. L’ombre me rassure, c’est quelque chose que je connais. Que j’ai réussi à dompter avec les années.

Tu fermes ton carnet, le rangeant dans ta poche fixant le bout de tissus, il te rappel chaque étape de ta vie. La mort de ta mère biologique, la famine que tu as traversée, le regard triste de celle qui t’a élevée, les enfants morts de fatigue à force de lutter contre ce qui semblait invisible. Ton regard se pose dans celui de ton prof, était-il plus calme, plus serein, au fond tu en doute, ce n’est pas vraiment avec une fille comme toi qu’on trouve le repos ou encore le réconfort. Non, toi, tu fais peur, avec ses yeux rouges et ses cheveux blancs. La sorcière. C’est toi celle qui apporte l’ombre sur ce qui t’entoure. Tes yeux ont changé d’intensité, ils sont comme éteint, plus mélancolique. Fixant toujours celui qui se tient en face de toi.

On a tous une part de lumière ou d’ombre en soi. On porte tous un masque pour se protéger de ce que l’on ne connaît pas. Mais un jour, il va bien falloir l’affronter...

Ta voix avait perdu de son ton mielleux habituel, presque comme éteinte, plus fatiguée. C’est la première fois que tu te confies aussi ouvertement à une personne. Finalement, tu secoues ta tête haussant les sourcils, posant ta main sur ta tête, prenant une grande inspiration. Pour la libérer dans un soupir las et remplit de chagrin. « Finalement, on se ressemble lui et moi… » Murmure tu dans un coin de ta tête, caressant la devanture de ton carnet au travers le tissus de ta poche.



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Jeu 6 Juil - 7:36
« Mr Allister, calmez-vous, je vous prie. Je ne suis pas là pour poser un quelconque jugement sur votre personne. Je suis juste étonné qu’une personne jouant avec finesse se retrouve dans un endroit tel que celui-ci. En aucun cas, je voulais violer votre intimité. »

Calme… oui ! Mais qu’est ce qu’il venait de faire ? Un instant, une seconde. Tout se repassait dans sa tête et Audric n’y voyait définitivement pas le professeur qu’il voulait être. Il était… odieux ? Fermé ? Strict ? Un frisson de d’égout lui traversa l’échine : il était répugnant.
Immonde. Il l’avait forcé à… quoi ? Mais que faisait-elle. Interdit, le professeur ne parvint ni à lui dire d’arrêter, ni à fermer les yeux. Elle n’allait quand même pas…

« Voilà l’objet pour lequel je suis prêt à me damner. J’ai violé votre jardin en touchant votre instrument, je m’en excuse, je suis bien curieuse et j’ai tendance à toucher les choses qui m’intéressent afin de mieux le mémorisé. Je vous laisse ça là, toucher le si vous le souhaitez, je ne m'opposerais pas, ni trouverais ça étrange ? Ainsi, nous serions quittes ? »

Comment.. Non ! Audric ne cherchait ni vengeance, ni petite guguerre du genre. Il cherchait encore moins à rendre le mal qu’il avait subit… ça JAMAIS ! Cette intention était aussi louable et compréhensible qu’impossible à soutenir. Non… Audric refusait purement et simplement de lui rendre la monnaie de sa pièce. Sinon, il l’aurait tué… elle

« Il est fait de plusieurs tissus, chacun ayant sa propre histoire. Je l’ai réalisé moi-même. Il a peu prêt le même âge que votre flûte. Je l’ai depuis dix ans. Bien sûr, je le change souvent afin qu’il soit à ma taille. »

Un tissu pour chaque mélodie. Une infinité de morceaux pour une symphonie complète : comme un être entier et insécable. Audric était à la fois honoré de se voir offrir un tel privilège -celui de pouvoir voir son œuvre- et à la fois profondément navré de ce qui l’avait poussé à cela. Il était tout aussi choqué qu’on puisse le croire capable d’une telle ignominie. Mais au fond comme en apparence, il était juste transparent. Ce qu’il pensait, dans les grandes lignes du moins, se lisaient sur son visage. Il ne parvenait juste plus à se cacher.
Pas de regard bas, pitié. Pas de soumission cruelle et chevronnée. Il refusait de dominer comme de se soumettre. Quoi que même la seconde option était acceptable comparée à la première. Ainsi, d’abord interdit et figé, Audric se contenta de s’accroupir bien bas. Totalement désintéressé du bout de tissu -au demeurant fort porteur de bien des émotions que le musicien sentait aussi fortes qu’un coup de point- il plongea son regard dans celui de l’enfant. Ainsi, tout était mieux. Personne n’avait à scruter du sol -ni même à le manger d’ailleurs- et personne ne devait se pâmer d’admirer une tête basse dont on ne pouvait même pas voir le visage. Si l’humain était fait d’yeux ce n’était certainement pas pour les laisser sans regard dans lesquels se plonger.
Finalement, Audric répondit à son sourire. Et si au premier regard celui de Méora pouvait sembler maladroit, il demeurait un exploit de haute voltige comparé à la catastrophe que le professeur avait esquissé.
Un carnet. Bien. Intrigué, Audric posa un rapide regard dessus, pour finalement retourner le ficher dans les yeux de l’élève. Le temps n’était plus à la curiosité. Il se devait de montrer l’exemple.

« Ma curiosité n’est pas maladive. Elle m’a permis de survivre dans ce monde rempli d’ingrat qui serait prêt à laisser crever de faim des enfants dans la rue. J’ai choisi moi-même de faire partie de l’ombre professeur, pour lui. Pour ne pas me retrouver seule. La lumière m’angoisse, j’ai la sensation de plus me contrôler. L’ombre me rassure, c’est quelque chose que je connais. Que j’ai réussi à dompter avec les années. »

Il pensait cela, lui aussi. L’ombre rassure, l’ombre berce doucement chacun de ses habitants. Mais l’ombre leurre, et berce uniquement d’illusions d’éternité là où elle ne peut être qu’illusoire. Mais là, c’était peut être l’expérience qui parlait…

« On a tous une part de lumière ou d’ombre en soi. On porte tous un masque pour se protéger de ce que l’on ne connaît pas. Mais un jour, il va bien falloir l’affronter… »

Un poids se posa lourdement sur les épaules du musicien. Subitement. Comme ça. Lui qui était pendu à ses lèvres, qui attendait chacun de ses mots. Quelque chose manquait.  

« Finalement, on se ressemble lui et moi… »

Et c’était dont ça…
Interdit, navré, et désolé, Audric laissa un léger silence s’installer. Toujours accroupi, il fixait Méora dans les yeux. Détournant finalement le regard pour le perdre dans le sol quelques instant, il laissa le mouvement faire briller légèrement ses yeux humides.

« Le problème ne vient pas de vous, à un petit enseignement que j’aimerais vous donner prêt. Non. Deux en fait. Mais avant cela, laissez moi vous dire que vous n’êtes aucunement fautive dans ce qui vient de se passer, que ces dits enseignements on pour visée de vous aider à l’avenir et non de rectifier ce que vous venez de faire, puis que… que… la seule personne qui pourrait se maudire d’avoir un jour vu le jour pour voir cet instant arriver : ce n’est que moi. »

Son ton était plus bas, moins voilé et sans aucun miel. Au contraire, il était soufflé, hésitant et bien moins mélodieux que celui qu’il se donnait habituellement.
Laissant un second léger silence se poser, Audric finit par se redresser et par s’approcher de son élève. Là il posa délicatement un pouce ganté sur le menton de l’enfant, et de l’index correspondant il vint finalement le lui entourer. Puis, il lui releva la tête doucement, sans forcer, juste assez pour poser le regard de Méora au niveau du sien.

« Certes vous avec fait le premier pas pour dépasser une limite. Mais d’une part cette limite n’a pas de sens : je me devrais moi même de l’effacer. Et d’une autre, j’ai de mon coté fait bien pire en vous reprenant de la sorte. J’ai fais mille et des milliers de fois pire en vous forçant à… à ça ! »

Sur ces mots, il montra le bout de tissu posé sur la table à présent derrière lui. Sur cette fin de phrase d’ailleurs, sa voix avait un peu déraillé. Cela devait faire au moins plusieurs années que cela ne lui était pas arrivé… si ce n’était avant « cette » année.

« Nulle faute ne devrait forcer à se faire du mal. Nul mal ne devrait pousser à en faire plus. Et nulle douleur subie ne devrait pousser à rendre la souffrance égale. Vous faire du mal ne m’aidera ni à me sentir mieux, ni à passer à autre chose… »

Là, Audric posa une étrange coupure. Passer à autre chose… NON !

« Au contraire ! »

Là, plus un doute n’était possible, le ton du professeur était bien plus irrégulier, bien plus « naturel ». Plus de miel, plus de mélodie, plus de beaux sourire. Il avait retiré son corset d’épines.
Là seulement, il lâcha le menton de Méora. Néanmoins, il resta face à elle, sans se cacher, sans esquiver. Il se faisait du mal. Peut être. Mais lui valait mieux qu’elle, pour lui du moins.

« Il n’y a pas de score dans la douleur, aucune monnaie d’aucune pièce à rendre. Il y a encore moins à être « quitte ». C’est avec des échelles du genre que l’escalade ne peut se terminer que dans des points de ruptures inhumains et meurtriers. »

Sur ses mots, Audric porta sa main à son côté droit comme par réflexe douloureux. Des points de ruptures oui… ELLE en avait brisé un le dernier jour, là même où ils entendaient l’escouade armée débarquer dans la cachette. Un « simple » coup de pied avait suffit à briser une côte de l’enfant qu’il était. Elle sortait tellement qu’il avait même songé à s’empaler dedans pour que tout se termine… POURQUOI ELLE ?!

« Elle n’est pas là mais… »

Là, le musicien se stoppa net, comme si quelque chose lui avait échappé.

« Elle oui… mais votre curiosité est tout aussi maladive qu’elle risque de vous mener vers des choses que vos yeux ne sauraient voir. Sachez simplement avoir des limites, celles qui vous feront éviter les pires horreurs à imprimer sur vos rétines. Je suis certain qu’il ne voudrait pas vous voir blessée et trop secouée par la curiosité assouvie de trop. Moi non plus : en temps que profess… en temps qu’être vivant et pensant je voulais simplement vous mettre en garde. »

Il soupira, comme pour se donner une pose, voir même pour décharger un souffle un peu trop encombrant. Et finalement, après un moment d’hésitation, il retira un gant, laissant apparaître sa peau zébrée de cicatrices profondes et marquées. Elles étaient aussi diverses que nombreuses : estafilades, brûlures de toutes formes. Sur celle là, un rat avait même entamé sa chair sur la dos de la paume… Le coup classique avec un rat, une boite de conserve, et un briquet...

« Et gardez bien en mémoire aussi que l’ombre est agréable, un temps. Elle accompagne chaque douleur, un temps. Elle vous couve affectueusement. Et si vous l’avez choisi je ne peux que vous laisser découvrir le moment où vous voudrez en sortir. Car vous le voudrez : il faut se mettre en danger pour s’accomplir et se compléter. Mais ici je suis tout sauf nappé dans l’obscurité. Chaque heure ici me laisse vulnérable, avec chaque petite paire d’œil braquée sur moi aussi affûtée que les couteaux des malfrats pour lesquels on vous prend. C’est le propre même du présent que je me suis choisi ici, alors qu’un orchestre… ohhh ! C’est aussi douillet et chaleureux que rempli de cafards sans âme et sans lendemain. Je n’ai pas fais le choix de la carrière, j’ai fais celui de l’humain. »

Il se baissa un peu, juste pour se mettre à la hauteur de Méora.

« Peut être que la lumière chasse l’ombre. Enfin je l’espère. Ce serait mieux, bien mieux pour chacun d’entre nous ici. Mais en un sens, je pense l’affronter, à ma manière du moins, au mieux aussi. Cependant, vous avez raison Méora : je ne me connais pas. Mais je la connais elle, peut être aussi bien que vous le connaissez, lui. »

Là dessus, Audric laissa quelques secondes de battement avant de se redresser, et de se diriger vers la porte de sortie. Il posa la main sur la poignet, et reprit.

« Vous ne voulez pas en savoir plus, je vous assure. Pas plus que je ne veux en entendre, pas de confession volée de la sorte du moins. Si d’autres mots aussi forts sortent de votre bouche, pitié, qu’ils soit sincères et non arrachés ou forcée à sortir. Ne faites pas de moi un tortionnaire plus cruel que je ne le suis déjà. Cependant donc, si vous souhaitez prendre le contre pied de mon avis, je m'y plierais : voyez cela comme un cadeau de bienvenue, ou comme des excuses de ma part. Dites moi simplement si je dois ouvrir cette porte -puisque définitivement vous ne souhaitez aucunement parler de cet institut- ou si je dois la fermer à clé. »

Lui même n’en revenait pas. Était il vraiment prêt à en parler à une inconnue ? Lui montrer au moins… Il ne savait pas vraiment. quelque part, il espérait aussi qu'elle dise oui, que non.

Méora Hérouta

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Jeu 6 Juil - 14:56

Tu le regardes. Fixement de tes yeux couleur sang. Enfin, il n’était pas si rouge, enfin, au fond, tu le penses, mais qu’en est-il des autres ? Tu n’en sais rien, ils t'ont causé bien des soucis. Il s’était accroupi. À aucun moment, il t’avait coupé dans tes mots, à vrai dire comment aurait-il pu ? Il paraissait si faible et au fur et à mesure de tes mots, il semblait à chaque fois un peu plus effondré. Son château de cartes n’était désormais qu’un tas de cartes. Au fond de toi, tu jubiles, tu aimes sentir la détresse des autres. Au fond, tu es sans doute une mauvaise personne ! Peut-être. Peut-être aimes-tu les autres en souffrance, surement pour te sentir un peu plus vivante. Mais pas le temps de réagir le voilà qui s’approche de toi. Touchant ton menton avec soin. Un frisson parcourt ton corps. Cette envie de vomir te monte à la tête. Personne. Personne ne te touche, sauf ton frère. Tu as envie de le repousser, avec violence. Peut-être le frapper jusqu’au qu’il quémande ton pardon. Mais son regard semble calme l’enjeu. Serrant un peu les poings, le fixant de ton regard plus sombre, le visage toujours aussi neutre. De quoi parlait-il ? Tu n’as rien suivi, ton attention était portée sur ses doigts gantés qui toucher ta peau bronze. Le tissu ? Ta brassière, qu’a-t-elle ? Il le pointe du regard, pire ? Qu’à-t-il fait ? Tu sembles un peu perdu, mais rien de grave, tu poses à plat ce que tu sais, il fait rien de mal, il semble perdu comme s'il chercher une raison de se faire pardonner.

Mr Allister. Ai-je l’air d’une fille forcé ? Je n’ai pas agi sous la contrainte. J'ai juste agis comme je le pense et parfois, cela peut être mal vu, j’ai juste pensé à un simple équilibre afin de partir sur une base neutre.

Tes mots ne semblent pas l’attendre. Il te tient toujours et tu n’oses pas bouger, cela pourrait ruiner la confiance qui petit à petit commence à venir. À y penser, c’est assez drôle, dans une autre famille, tu aurais sans doute fait une bonne psychanalyste. Mais honnêtement, qui voudrait se confier à une personne qui parle peu, qui a un regard vide et surtout le regard injecté de sang. Tu écoutes avec attention ses paroles, les buvant presque. Ce faire du mal ? A-t-il fauté à ce point pour devoir, se faire, pardonner ? Tu ne comprends pas trop, mais tu restes calme, ton souffle est régulier et tu maintiens ce visage de marbre. Il se coupe soudainement, comme si il voulait arrêter le cours du temps pour ravaler ses paroles. En à-t-il trop dit ? Au fond, tu le trouves adorable, on dirait un enfant dans le corps d’un adulte qui n’a jamais grandi. Le voilà coincé dans un monde qu’il ne maitrise pas. C’est peut-être ton instinct maternel qui prend le dessus, mais tu as envie de le consoler, lui dire que tout ira bien, le prendre dans tes bras pour le bercer lentement afin qu’il s’endorme paisiblement. Mais pour l’heure, c’est ton professeur et tu es son élève.

Il finit par lâcher ton menton, et déjà la chaleur semble te manquer. Le frottant alors doucement, comme pour effacer ses traces, comme pour laver son geste. Tu te sens mieux, il ne te touche plus. Cette sensation t’est familière, c’est comme lorsque ton frère te touche, quand il te prend dans ses bras pour te réconforter. C’est vrai, tu jouis d’une relation fusionnelle avec ton frère, mais jamais tu n’es tombé dans l’obscénité. Vous n’avez jamais franchi la barrière du non-retour. Il est juste important pour toi. Et tu es importante pour lui. Mais alors pourquoi lui ? Tu n’en sais rien, et tu mets ça de côté. Pas de place pour tes doutes, tu le regardes de toute part, comme pour le sonder, prête à bondir s'il cède un câble parce que tu en sais beaucoup trop. Il parle de tes yeux, et tu souris, tu laisses même un petit rire d’enfant s’échapper. Tu ne te moques pas de lui, mais qui est-il pour juger ce que tes yeux peuvent voir ? Que soit-il vraiment de toi ? De ce qu’il a lu dans ton dossier d’inscription ? Tellement peu de chose sur toi.

Ne me prenez pas pour une femme faible Mr Allister, je suis bien plus forte que je laisse le voir. Mes yeux, on sans doute vue les bas-fonds de la moralité humaine.

Ta voix était redevenue charmeuse, peut-être même un peu trop strict. Tu n’aimes pas qu’on te sous-estime. Tu es intelligente, perspicace et bien que ta santé soit parfois sur le fils du rasoir, tu n’es pas faible. Il n’est pas loin de toi et tu le regardes de ta hauteur, c’est-à-dire d’en bas. Il est tellement plus grand que toi. Tu le compares à ton frère, sans vraiment t’en rendre compte. Tu fixes sa main abîmée sans doute par son passé, qu’il cache à l’aide de son gant, voilà pourquoi il a ses gants. Tu pensais que c’était soit pour se donner un style, soit atteint de mysophobie. Mais là, c’est pour cacher les traces d’un passé qui semble l’empêcher d’avancer. Tu souris à sa vue, cela prouve qu’au fond, il est humain et donc qu’il peut être porté par un changement. Aussi bien du côté de la lumière, soit du côté de l’ombre. Tu l’écoutes attentivement, tu voudrais le couper, mais cela serait malvenu. Tu retiens ses mains qui semblent vouloir toucher sa main cicatrisée, pour en apprendre plus sur ce qui a fait de lui ce qu’il est aujourd’hui. Tu lui adresses encore ce sourire chaleureux, mais ce regard dénué de sentiment.

Tu ne dis mot, et ce, jusqu’à qu’il semble vouloir passer aux aveux. La main sur le poignet, il te propose deux choix. L’un de repartir comme si de rien n’était. L’autre étant de servir de confidente. Le choix et tellement tentant, mais va-t-il le regretter un jour. Tu t’approches de lui. À pas féline, pour venir dans son dos et le prendre dans tes bras, posant ta tête contre son dos, pour venir y sentir son odeur. Tu allonges le bras jusqu’à la porte posant ta main froide sur la sienne.

Mr allister. Je vous l’ai dit plus tôt. Je ne suis pas là par la force, ai-je l’air si mal en point pour vous donner ce sentiment de soumission ? Ai-je l’air si faible pour recevoir des conseils sur l’ombre. Je ne veux pas vous forcer à raconter ce passé qui semble vous troublez. Je ne suis pas venu ici pour vous servir de bourreau. Je ne suis qu’une simple fille curieuse de vivre. J’aimerais en savoir plus sur ce monde. Et si le destin ma mise sur votre route, c’est sans doute que j’ai un rôle à y jouer.

Tu t’éloignes doucement de lui, le lâchant sans geste brusque. Ta voix était douce, presque mélodieuse. Allégeant alors l’atmosphère qui tourner lentement au noir. Cet agissement passe ou casse, mais dans tous les cas, tu l’as fait, c’est à lui de prendre la décision, pas à toi. Tu vas alors vers le bout de tissus, ton gris-gris magique, déboutonnant avec lenteur cet habit que tu laisses tomber sur le sol, lui montrant alors ton dos nu couvert de petites cicatrices, de ses lignes blanches en tatouage qui semble vouloir garder un lourd secret. Tu enfiles en douceur cette brassière et tu te sens revivre. Tu fermes les yeux un instant en bloquant ta respiration. Ça va mieux. Tu peux souffler avec lenteur l’air prisonnier. Ce n’est qu’un amas de tissus, cousus et recousue, pourtant, il semble contenir une rage folle qui serait prête à sortir à tout instant. Tu le caresses du bout des doigts, le sourire sur le bord des lèvres. Le regard emplit d’émotions qui semblent si rares de voir.

L’ombre… N'est pas si effrayante. Les ténèbres ne sont pas si horribles. Si on sait en résulte le peu de lumière qu’il laisse passé. Je ne regrette pas mon choix Mr Allister. Je sais bien qu’un jour, j’en payerais le prix fort. Un jour, je souffrirais de tout ça. Mais pour l’instant. Ce qui compte. C’est de pouvoir sourire du peu que la vie nous offre. Sans devoir porter un masque, sans devoir mentir sur la véritable nature qui nous anime. Dans chaque ombre, se trouve de la lumière, car l’un sans l’autre n’existe pas. Je l’ai compris il y a bien longtemps. Pour un bonheur, il faut un sacrifice. Ainsi, on avance et l’on se forge.

Tu lui fais volte-face, le visage plus doux, laissant voir des joues légèrement tentées de rose, et un sourire chaleureux. Sans doute l’un des seuls qu’il pourrait voir de toi. Tes yeux étaient remplis d’une émotion qu’on pourrait qualifier d’espoir.



Ma voix est rare mais mélodieuse, vous pouvez l'entendre en #336699

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Mar 11 Juil - 11:11
C’était comme ça, toujours comme ça. A chaque essai, Audric se demandait encore pourquoi il avait essayé. L’humain ne peut donc ménager ses limites sans en avoir fait la douloureuse expérience de les franchir avant. C’était presque à se demander pourquoi il se sacrifiait, lui. Il était amers, triste et empli de désillusion. Cette douce enfant devra donc se brûler les ailes pour y faire attention au prochain vol. C’était à se demander si l’humain apprenait autrement que dans la douleur.
Sa vie n’était qu’un échec, ou quelque chose voué à l’être. Le professeur ne pouvait préserver les vivants, de la vie… Et elle l’était, vivante. Son mouvement seul suffit au musicien pour entendre la douce mélodie de son cœur battre contre ses côtes. Le bout de ses doigts, venant se poser sur la mains du pianiste, pulsait au rythme cardiaque de son métronome interne. Son souffle se posait délicatement contre la veste d’Audric, cette dernière caressant délicatement sa peau. Son corps était un orchestre à lui tout seul. Mais le musicien n’avait que rarement eut le plaisir de voir un concert aussi réussit.

« Mr allister. Je vous l’ai dit plus tôt. Je ne suis pas là par la force, ai-je l’air si mal en point pour vous donner ce sentiment de soumission ? Ai-je l’air si faible pour recevoir des conseils sur l’ombre. Je ne veux pas vous forcer à raconter ce passé qui semble vous troublez. Je ne suis pas venu ici pour vous servir de bourreau. Je ne suis qu’une simple fille curieuse de vivre. J’aimerais en savoir plus sur ce monde. Et si le destin ma mise sur votre route, c’est sans doute que j’ai un rôle à y jouer. »

Elle persiste, elle continue. MERDE ! Pourquoi ne pouvait-il pas la sauver, elle ? Pourquoi devait il la laisser se brûler les ailes ? Son plumage était bien trop doux et soyeux, sa voix bien trop harmonieuse, son être bien trop… trop. Finalement, Audric ne put s’épanouir de joie en voyant une si belle rose sur le point d’éclore : il savait qu’elle serait dévorée par les verres avant. Il était aussi heureux de voir un spectacle à l’aube de ses grands, jours, que triste de savoir que ces grands jours n’arriveraient jamais. Non. Lui était bien peu important à coté : il n’était rien. Elle… elle ne devait pas savoir… Elle n’était pas assez lucide pour prendre la décision par elle même.
Crispé tant par un cruel sentiment d’impuissance que par une violence qu’il réfrénait, le professeur avait crispé sa main sur la poignet. Et pourtant, il vacilla très légèrement quand Méora le lâcha. POURQUOI ? Il n’avait même plus l’envie de se poser la question. Yeux fermés et paupières serrés, Audric avait la tête baissée. Il pleurait ? C’était à peine visible à cause de ses cheveux, mais oui.

« L’ombre… N'est pas si effrayante. Les ténèbres ne sont pas si horribles. Si on sait en résulte le peu de lumière qu’il laisse passé. Je ne regrette pas mon choix Mr Allister. Je sais bien qu’un jour, j’en payerais le prix fort. Un jour, je souffrirais de tout ça. Mais pour l’instant. Ce qui compte. C’est de pouvoir sourire du peu que la vie nous offre. Sans devoir porter un masque, sans devoir mentir sur la véritable nature qui nous anime. Dans chaque ombre, se trouve de la lumière, car l’un sans l’autre n’existe pas. Je l’ai compris il y a bien longtemps. Pour un bonheur, il faut un sacrifice. Ainsi, on avance et l’on se forge. »

Assez… Audric implosait. Il n’en pouvait plus, plus du tout. S’appuyant à présent à deux mains contre la porte d’entrée, il semblait comme avachit dessus, dos courbé, visage dissimulé dans l’ombre de ses mèches de cheveux.

« Et pourtant, c’est votre curiosité de vivre qui vous mènera à l’overdose. Et pourtant, ce sourire vous pourriez bien le conserver si vous saviez un SEUL INSTANT, vous laisser dirigé par moi. Et pourtant, vous êtes faite, comme les autres. Prise au piège, déjà morte. Et je ne ne saurais visiblement rien y changer. »

Mais que faire ? Libérer cette violence enfouit pour parvenir à lui enseigner cette parole ? Non, ce serait aller à l’encontre même de cette parole. Il n’y avait définitivement rien à faire… Tout était finit. Pour elle, et pas mal de génération encore. Si Audric ne baissait pas les bras, il était indéniable qu’il n’avait pas encore la méthode. Et en attendant qu’il la trouve, c’était des générations qu’il laissait brûler. Il finissait par douter de sa détermination dans sa tâche… Et s’il n’y arrivait jamais ???

« Au revoir mademoiselle Hérouta. »

Pas un mot de plus, pas un mot de moins. Audric restait là, appuyé sur sa porte au point de commencer à présent à en plier les genoux. Tendu, crispé. Il puait la désillusion et la tristesse. La violence, elle, était bien mieux cachée…

Méora Hérouta

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Mar 11 Juil - 11:45

Tu le regarder, il devenait instable, son monde venait de s’ébranler, et toi. Oh toi, tu jubiles. Tu sens cette sensation ivre de vivre s’insuffler en toi. Finalement, tu n’es pas aussi blanche qu’on aimerait. Tu aimes voir les autres tomber dans le bas-fond de ce monde. Oh, tu aimes les voir aussi bas, et toi au-dessus. Sadique, oui peut-être. Mais tu ne lui as rien fait, au final, tu ne fait que lui montrer un miroir de ce qu’il est vraiment. « Le masque tombe professeur, attention. » Tu le penses dans ta tête, sans rien laissai paraître, sauf ce sourire qui diminue peu à peu. Tu marches vers lui, doucement à pas féline. Toujours à moitié nu, sans aucune pudeur. Tu l’écoutes attentive. Te laisser diriger par quelqu’un ? Jamais, tu n’es bien trop méfiante envers la race humaine pour devoir remettre ta vie dans les mains des autres. Ta vie, c’est toi, et toi seule qui la dirige, même si il faut l’avouer, c’est plus ton frère qui l’a dirigé comme bon lui semble. Tu te stoppes à quelque pas de lui, tu es proche, tout proche et pourtant ton cœur éclate dans un battement à t’en faire tomber par terre. Tu luttes, tu ne sais pas trop ce qu’il t’arrive, comme un pressentiment qui te dit de faire attention. Mais tu te contrôles et tu poses doucement la main sur le corps de ce pauvre professeur qui doit sans doute remettre en question toute sa base de vie.

Voudriez-vous me dirigez monsieur ? Me… me donner une seconde chance ?

Ta voix est calme, elle ne reflète aucune hésitation. Tu sais où tu veux aller. Pourquoi ne pas lui donner l’illusion de ce monde qu’il a bâti ? Pourquoi ne pas le pousser un peu plus dans le vice. Son délire n’est peut-être pas si inintéressant. Tu aimerais voir jusqu’où peut-il t’y conduire. Au fond de toi, tu jubiles. Envoûter par la satisfaction de sentir la vie d’une personne dans tes mains, prête à imploser si tu serres un peu trop tes doigts. Tu le regardes avec un regard doux, même s'il ne te regarde pas, il doit le sentir.

Aider moi… J'ai...

Tu parles doucement, murmurant presque, toujours attacher à lui, lui tenant le vêtement qu’il porte de tes doigts fins. Ton regard ce fait presque suppliant. Sincèrement, Méora, n’as-tu pas honte de jouer la comédie ainsi ? Tu le relâches. Reculant de quelques pas. Avant de chercher ta chemise et la mettre sur tes épaules d’un pas pressé. Peut-être ne comprendra-t-il pas, peut être a t-il comprit ton jeu, mais pour le moment, il faut lui laisser l’envie de t’aider, voir même l’ivresse d’être le sauveur. Tu rassembles tes affaires à la hâte.

O-oublier ça professeur. Je... Sais pas trop ce qu’il m’arrive…

Ta voix prend un air de panique, comme si tu regrettes les mots dit plus tôt. Mais tout cela n’est qu’un jeu n’est-ce pas ? Tout ceci n’est qu’un trou dans lequel risque de s’y précipiter le professeur. Tu le veux pour toi. Toi seule. C’est un sentiment que tu n’as connu jusque-là que pour une personne. Ton frère. Même si l’idée de fait un peu paniquer, tu vas jouer avec le feu. Tu le pousses un peu, les yeux las et fatigués, comme si tu aller pleurer. Le dégageant un peu de la porte pour prendre sa place. Dos a lui, mais si proche, tu le sens tellement faible, sur le point de s’écrouler sur le sol. Tu sens un frisson t’envahir. Diantre que c’est bon de vivre.

Je suis désolée professeur…

Tu ouvres la porte. Jetant un dernier regard en arrière. Ses mots là par contre étaient sincére. Comme ton regard plein de solitude. Va-t-il te rattraper, ou bien, va-t-il juste laisser tomber ? Au pire, tu ferras un assaut plus tard. Désormais, il sera ton jouet, pas question de le lâcher de sitôt, même si cela prendra du temps, un jour, il sera tient. Enfin, tu as le temps de tes études pour le faire tomber à ta merci, sauf si tu trouves plus intéressant entre-temps. Dans la bataille, tu as fait tomber ton carnet, mais ça ce n’était pas prévu, mais tu es bien trop loin maintenant. Tous tes croquis sont dedans, c’est un peu comme un journal intime à qui sait le lire. Des dessins de ton frère, mais aussi des paysages sombres, et toujours une petite fille seule en rouge en plein milieu. Y a d’autres trucs dedans comme des bâtiments, ou des choses qui t’intéressent, mais rien d'écrit, uniquement du dessin.



Ma voix est rare mais mélodieuse, vous pouvez l'entendre en #336699

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Lun 17 Juil - 2:01
C’était comme si la moindre parcelle de son corps allait exploser. D’abord le foie, puis la rate. Ensuite l’estomac, et les viscères. Ensuite chacune de ses veines allait s’ouvrir sous la force de sa propre pression sanguine.Et enfin le cœur allait se déchirer avec grand fracas. Audric n’en pouvait plus, de ce sang qui lui montait à la tête. Il surchauffait, et paniquait en même temps.
Il n’entendait rien, presque plus rien du moins, de ce que disait cette diablesse. Le touché de sa paume, lui, provoqua dans le bras du professeur un tel spasme qu’il vint en frapper la porte du poing.
Silence… silence… Silence ! Il ne voulait que du silence. De la paix. Chaque mot que ce monstre prononçait faisait comme si on pillait du verre dans le crâne du musicien. Et le pire c’était qu’il craignait de ne pas voir la sensation s’arrêter avec son silence… Il sentait son souffle, son regard, sa voix, son air. Il étouffait. Il paniquait. Il le savait. Mais il paniquait. Et tout prenait tellement vite qu’il se sentait incapable de se calmer. Quelque chose n’allait pas ici. Non ! C’était juste tout qui allait mal.
Écoutant à demi son bourreau, le professeur aurait aimé pouvoir rester sourd. Mais le son résonnait dans ses oreilles avec tellement de force qu’il ne pouvait l’ignorer. Et ça durait, ça durait. Et tandis que Méora s’éloignait, Audric ne se sentait ni mieux, ni moins bien. La gêne et le sentiment d’emprisonnement dûs à sa présence avaient simplement laissé place à un sentiment de solitude bien amer… Alors même qu’elle prononçait ses dernières paroles, le musicien appuya même son initiative.

« C’est ça oui… dégage. Et ferme bien la porte de la cave derrière toi, comme à chaque fois. »

Il avait dit ça faiblement, d’un souffle noué et court. C’était sortit dans un murmure saccadé et nerveux. Il savait à peine pourquoi il avait dit ça. Mais ce qu’il savait c’était que le départ de cette fille allait lui offrir une délivrance bien méritée.
Aussi dès que Méora fut sortie, Audric s’écroula par terre. Son souffle se saccada avec une force impressionnante. Il semblait gémir, ou pleurer. A vrai dire, il était difficile de discerner, et lui même ne devait pas bien savoir ce qu’il faisait. Mais il paniquait. Il déraillait, et son corps ne tenait plus. Ça faisait mal, tellement mal qu’il aurait aimé rester là, à terre, jusqu’à en crever. Mais une force étrange le poussa, et il rampa non sans mal jusqu’à la table où il y fit gauchement tomber son sac. Se ruant dessus une fois qu’il était à terre, il engouffra non sans mal une main dans une poche, et il en sortit une boite qui semblait être de médicaments pour en gober d’un coup quatre ou cinq. Inspiration… expiration… inspiration… expiration… encore… et encore. Il allait un peu mieux. Un peu. Mais il pleurait toujours. Et cela, il le fit jusqu’au retour dans son appartement, ce après avoir engouffré toutes les affaires présentes dans son sac.

Il avait fait de nombreux détours, juste pour être sûr de ne tomber sur personne. Mais il n’avait envie que d’une seule chose : s’enfermer. S’écrouler, chuter aussi bas que nécessaire : personne ne serait là pour le voir. Aussi dès qu’il fut arrivé, il fonça dans la salle de bain, sac à la main. Il sortit d’un placard à double fond une autre boite pour ingérer quelques pilules de plus, et il alla même jusqu’à s’asperger d’eau froide tout habillé. Finalement, il s’écroula dans sa douche, pour souffler un peu.
Là, il resta écroulé un peu, quelques minutes. Il réfléchissait. Pourquoi ? Pourquoi un si doux diamant brute voulait se faire passer pour un caillou ? Pourquoi elle gâchait son potentiel ? Et Audric ne pouvait rien y faire. Pire, ces derniers mots le mettaient profondément mal à l’aise. Il sentait quelque chose, quelque chose d’étrange. Quelque chose de… particulier. Quelque chose qui sonnait comme une guitare mal accordée. Quelque chose qu’il avait ressentit face à « elle »… Méora mentait ?! A peine eut il cette idée qui lui traversa la tête que le musicien, releva le regard, comme choqué par l’éventualité. Mais finalement, ses yeux se posèrent sur un petit accident. Quelque chose était tombée dans la douche. Un carnet qui n’était pas à lui. Comment était-il arrivé ça ? Il ne le savait pas. Mais il l’avait reconnu : c’était celui que Méora avait sortit… MERDE !

« Non.. non, non, non ! »

Le reprenant d’un coup pour l’extirper de l’eau, le professeur semblait être avec ces feuilles aussi attentionné qu’avec ses propres instruments. Paniqué, il chercha à l’ouvrir : une bonne moitié de dessins étaient foutues… Elle avait prit l’eau et l’encre commençait à couler… Se relevant d’un coup d’un pas gauche, Audric finit par le poser sur un radiateur : il ne pouvait pas faire mieux sans sèche cheveux… Et il ne pouvait pas s’en procurer un. Finalement debout, dans sa salle de bain, trempé, en face du carnet adossé contre le chauffe serviette, Audric ne bougeait plus.

« Pourquoi ? Pourquoi ! »

Et tandis que le carnet séchait lentement sous son regard, le carrelage de la salle de bain se trempait à chaque instant un peu plus aux pieds du professeur.

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